Mes Recherches

Je suis actuellement doctorant en géographie à l'université de Cambridge, dans le groupe de recherche Géographies des Savoirs .

L’objectif de mon projet de thèse est de comprendre comment et pourquoi l’étiquette de « migrant climatique » circule au sein et entre les sites contemporains de recherche académique, de conseil et de formulation de politiques environnementales et migratoires, et de communication journalistique. En analysant la mobilité de l’étiquette même – telle qu’elle est incorporée dans des documents, images, modèles et reportages qui sont portés d’un site à un autre par divers acteurs et leurs communications – il est possible de mieux comprendre comment ses significations variées et ses applications sont négociées, pourquoi elle est appliquée avec succès à certaines personnes et situations mais pas d’autres, et avec quels effets.

En pratique, je réalise des entretiens avec les experts qui contribuent aux débats sur les « migrations climatiques » : universitaires, journalistes, représentants d’organisations gouvernementales, ONG et organisations internationales. Je complémente ce travail par une analyse des médias (basée sur une méthode mixte quantitative-qualitative), l’examen de document, études, retranscriptions de débats parlementaires etc., et une analyse culturelle de représentations variées (documentaires, photographie, images tirées de modèles, infographies…). Mes recherches se concentrent spécifiquement sur la France, en particulier en ce qui concerne ses relations avec le Sahel, mais je suis aussi d'autres pistes dans le monde francophone et au-delà pour prendre en compte les aspect mondialisés des réseaux d'acteurs impliqués dans le débats sur les migrations climatiques.

Du point de vue théorique, ce projet contribuera à une littérature interdisciplinaire sur les mobilités et la « circulation » des savoirs. Il approfondira aussi notre connaissance des processus de catégorisation des migrants tels qu’ils sont pratiqués aujourd’hui en France. Enfin, ces recherches évalueront l’utilité potentielle de l’étiquette de « migrant climatique » et ses variantes afin de désigner des personnes dont les trajectoires migratoires complexes ne peuvent être réduites à une cause unique.